PRÉPARATION D’EXPOSÉ GRÂCE À L’IA EN BTS par M.RUBLON
Objectif: Développer des compétences de recherche, d’analyse critique et de synthèse d’information en ayant recours à l’IA pour concevoir un support d’exposé
Compétences du CRCN :
D1 Informations et données
D2 Communication et collaboration : interagir, publier et partager
D3 Création de contenus : développer des documents à contenu majoritairement textuel
D4 Protection et sécurité
D5 Environnement numérique
Niveau : 1ère année de BTS
Contexte de l’activité
Le programme de la matière Culture Générale et Expression en BTS laisse une grande liberté à l’enseignant dans le choix des thèmes abordés. Le travail sur les capacités d’expression et de compréhension des étudiants tient une place importante afin qu’ils développent une curiosité favorisant l’appropriation d’une culture humaniste.
À ce titre, une série d’activités est proposée aux étudiants pour enrichir leur vocabulaire et mieux comprendre une partie des termes qu’ils seront amenés à lire dans les documents proposés au cours des deux années.
La classe a déjà travaillé sur l’utilisation des racines latines ou grecques pour identifier le sens de plusieurs termes. Dans le prolongement de ce premier temps, on propose aux étudiants d’expliquer le sens de certaines expressions courantes dans les médias en étudiant leur origine mythologique, puis leur sens contemporain. Exemples : ouvrir la boîte de Pandore, jouer les Cassandre, un talon d’Achille, le complexe d’Œdipe… Le scénario proposé dans le cadre des TraAM vise donc à leur permettre de développer des stratégies pour rechercher des informations dans le but de les préparer à l’épreuve de questions de confrontation.
Pour cela, les étudiants doivent créer un support de présentation sous forme de diaporama afin d’étayer leur propos lors d’un court exposé portant sur l’origine mythologique d’une expression employée dans l’usage courant. Ils sont assistés par une IA générative tout au long du processus d’élaboration. Le support de présentation respecte un canevas précis : résumé du récit mythologique associé à l’expression retenue et présentation d’une œuvre picturale illustrant ce récit. La prestation orale est évaluée lors du passage en exposé.
La classe comporte 28 étudiants de BTS MCO 1. Ils ont un niveau hétérogène en rédaction. Plusieurs étudiants ont de grandes difficultés, aussi bien en rédaction que dans la compréhension des textes.
L’activité est programmée sur trois heures, en trois séances d’une heure. Les trois se déroulent en demi-groupes, dans une salle informatique, la troisième dans une salle classique, équipée d’un vidéoprojecteur.
Méthodologie
Première heure : demi-groupe, salle informatique
Temps 1 : 10 minutes
L’enseignant présente la consigne d’exposé aux étudiants en leur indiquant qu’ils peuvent recourir à l’IA pour rechercher des informations et structurer leur diaporama. Ils doivent choisir une expression en lien avec la mythologie, présenter les étapes du mythe, puis expliquer le sens contemporain de l’expression. Un modèle de diaporama ayant été proposé l’année précédente est présenté afin de montrer un exemple concret de résultat attendu.
Temps 2 : 35 minutes
Une fois le choix du thème de l’exposé effectué, l’enseignant montre aux étudiants comment ils peuvent rédiger leur prompt avec une démonstration au vidéoprojecteur. Un document résumant les conseils pour la rédaction des prompts est également distribué (VOIR DOCUMENT 2). Il est précisé aux étudiants qu’ils peuvent également procéder à une recherche sitographique, soit en complément de la recherche assistée par IA, soit en intégralité.
Document 2
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1. Fournir un contexte |
2. Le type de rendu |
3. Soigner la rédaction du prompt |
4. Affiner la demande |
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Le fait d’indiquer qui on est, ou à la place de qui on veut se mettre, permet d’obtenir des résultats plus précis. De même, donner des précisions sur l’organisation pour laquelle on travaille est un plus.
- Profession : Exemple : « je suis enseignant », « prends le rôle d’un avocat »…
- L’organisation pour laquelle on travaille : Exemple : « je travaille dans une PME », « j’enseigne à une classe de troisième »,
On peut aussi demander d’utiliser des sources en particulier (un document chargé, une URL…). Ce ne sera pas toujours respecté.
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On n’est pas obligé de le préciser, mais selon ce que l’on souhaite obtenir comme résultat final, on peut demander de produire un tableau, une liste, un diaporama…
- Sous forme de diaporama : Exemple : « crée un diaporama composé de huit diapos… » - Un récit : Exemple : « raconte, en une nouvelle de moins d’une page… » - Un tableau : Exemple : « synthétise sous forme de tableau les réponses de ce sondage » …
- Bien préciser les contraintes. Exemple : « avec 15 diapos », « en 150 mots », « compréhensible par un élève de troisième »…
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Les formules de politesse sont à éviter. Se concentrer sur une description simple de la tâche à effectuer : « résume l’histoire du talon d’Achille dans la mythologie ».
On utilise des phrases claires et précises, soit des ordres, soit des questions. - Utilisez plutôt des questions ouvertes que fermées. - Évitez les termes ambigus (« lien » par exemple).
Donner un exemple si nécessaire : « rédige un portrait de personnage… à la manière de Balzac »
Il faut être capable de structurer la demande pour les requêtes complexes : « d’abord… ensuite… enfin… », « Commence par… avant de… ». Il est préférable de composer un prompt précis mais pas trop long non plus. Il sera toujours temps de préciser les demandes ensuite.
Évitez les fautes d’orthographe qui sont sources de confusion (repère VS repaire).
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En général, la première proposition de l’IA n’est pas totalement satisfaisante. Il faut être capable de la lire assez vite pour percevoir ce qui peut être amélioré et agir en conséquence.
On peut…
… Demander de développer un point … Demander d’expliquer un point … Demander de résumer un point … Demander de reformuler en simplifiant (ou en utilisant un vocabulaire plus technique) Etc.
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La très grande majorité des étudiants choisissent une recherche assistée par IA. Quelques-uns effectuent les deux types de recherches en parallèle. La rédaction du prompt est correcte pour une majorité d’étudiants, mais certains ne voient pas comment utiliser l’IA : ils ne font pas de requête mais se contentent de rentrer le titre de l’exposé, ou font un copier-coller d’un extrait d’un site internet. Cette absence de compréhension du fonctionnement des IA est liée systématiquement à des difficultés très importantes dans la maîtrise de la langue. Le début de l’activité révèle donc de grandes disparités dans la maîtrise de l’outil. Il aurait sans doute été pertinent de revenir avec ce groupe sur les spécificités de la recherche documentaire à partir d’un moteur de recherche traditionnel, en les mettant en regard avec les spécificités de l’ingénierie du prompt, afin de leur permettre de mieux distinguer leurs usages respectifs et de pallier les difficultés rencontrées.
Les capacités des étudiants en lecture s’avèrent également cruciales. Dans le cadre d’une recherche, la lecture de documents sur écran suppose de garder en mémoire une intention de lecture pour être en mesure de localiser et de prélever des informations provenant de sources différentes, mais aussi de les interpréter et d’en évaluer la pertinence. Les bons lecteurs prélèvent des indices en prenant appui sur quelques termes clés, sur les titres et le paratexte. Ils peuvent très vite juger de la pertinence des résultats, sélectionner et hiérarchiser les informations recueillies pour les synthétiser. Tandis que cette phase d’appropriation s’avère particulièrement complexe pour les étudiants rencontrant des difficultés de décodage et de compréhension, ou disposant de peu de références culturelles. Prélever, comparer et extraire des informations à partir des différentes versions d’un récit mythologique, pour n’en retenir que l’essentiel afin de le restituer lors de l’exposé, constituent un effort très couteux sur le plan cognitif. Ne pouvant convoquer l’univers de référence associé à ces récits, ils peinent à hiérarchiser les informations et à exercer leur esprit critique pour les évaluer. Certains ont donc usé d’une autre stratégie pour compenser, en ayant recours à l’IA dans le but d’obtenir une version simplifiée, plus accessible ou plus courte du résumé du récit mythologique. Les différents moteurs d’IA utilisés (chatGPT, Mistral et Yiaho) s’acquittent bien de ces tâches successives. On note toutefois que les différentes IA n’insistent pas toujours sur les mêmes aspects dans les résumés qui sont proposés (VOIR DOCUMENT 3)
Document 3
Chat gpt
Je suis étudiant en BTS. Résume-moi l'histoire des prédictions de Cassandre dans la mythologie en utilisant un vocabulaire simple et en allant à l'essentiel.
Cassandre est une princesse de Troie dans la mythologie grecque.
Le dieu Apollon lui donne le pouvoir de voir l’avenir. Mais Cassandre refuse son amour. Pour se venger, Apollon la maudit : ses prédictions seront toujours vraies, mais personne ne la croira jamais.
Grâce à ce don, Cassandre annonce plusieurs catastrophes, comme la chute de Troie et le danger du cheval de bois. Elle prévient les Troyens, mais ils l’ignorent.
Troie est finalement détruite, exactement comme elle l’avait prédit. Cassandre devient alors le symbole d’une personne qui dit la vérité, mais que personne n’écoute.
Donne des précisions sur l'histoire avec Apollon.
Apollon tombe amoureux de Cassandre et lui promet le don de prophétie pour la séduire. Cassandre accepte le don, mais une fois qu’elle l’a reçu, elle refuse de se donner à lui.
Apollon ne peut pas lui retirer son pouvoir, alors il la punit autrement. Il crache dans sa bouche (ou pose sa main sur ses lèvres, selon les versions) et ajoute une malédiction : Cassandre dira toujours la vérité, mais personne ne croira jamais ses prédictions.
Cette histoire explique pourquoi Cassandre voit clairement les catastrophes à venir, sans jamais pouvoir les empêcher. Son lien avec Apollon montre aussi un thème important de la mythologie grecque : les dieux punissent durement les humains qui les trompent ou leur résistent.
Mistral
Je suis étudiant en BTS. Résume-moi l'histoire des prédictions de Cassandre dans la mythologie en utilisant un vocabulaire simple et en allant à l'essentiel.
Voici un résumé simple et clair de l’histoire de Cassandre dans la mythologie grecque :
Qui est Cassandre ? Cassandre est une princesse troyenne, fille du roi Priam et d’Hécube. Elle est surtout connue pour son don de prophétie, mais aussi pour la malédiction qui l’accompagne.
Le don et la malédiction Le dieu Apollon, amoureux d’elle, lui offre le pouvoir de voir l’avenir en échange de son amour. Cassandre accepte le don, mais refuse ensuite Apollon. Furieux, le dieu ne peut pas lui retirer son pouvoir, mais il ajoute une malédiction : personne ne croira jamais ses prédictions.
Ses prédictions célèbres
Elle avertit les Troyens de ne pas faire entrer le cheval de Troie dans la ville, car il cache des soldats grecs. Personne ne l’écoute, et Troie est détruite.
Elle prédit la mort d’Agamemnon (chef grec) à son retour de la guerre de Troie, mais là encore, on ne la croit pas.
Sa fin tragique Après la chute de Troie, Cassandre est emmenée comme captive par Agamemnon. À son retour en Grèce, elle est tuée avec lui par Clytemnestre, l’épouse d’Agamemnon.
Pourquoi son histoire est-elle importante ? Cassandre symbolise la tragédie de ceux qui savent la vérité, mais que personne n’écoute. Son nom est resté pour désigner une personne dont les avertissements sont ignorés.
Tu veux que je développe un point en particulier ?
Donne des précisions sur l'histoire avec Apollon.
Voici les détails sur l’histoire entre Cassandre et Apollon, toujours en termes simples :
La rencontre avec Apollon Apollon, dieu de la prophétie, de la musique et de la poésie, tombe amoureux de Cassandre. Pour la séduire, il lui promet un don exceptionnel : celui de voir l’avenir et de comprendre le langage des dieux.
Le piège du don Cassandre accepte le don, mais une fois qu’elle l’a reçu, elle refuse les avances d’Apollon. Furieux d’avoir été trompé, le dieu ne peut pas lui reprendre son pouvoir (car un don divin est irréversible), mais il la punit en faisant en sorte que personne ne croie jamais ses prédictions.
La malédiction en action Dès lors, Cassandre voit clairement les catastrophes à venir (comme la chute de Troie), mais ses proches la prennent pour une folle ou une menteuse. Même sa famille et les dirigeants de Troie ignorent ses avertissements, ce qui aggrave les tragédies.
Un symbole de l’impuissance Son histoire montre à quel point il est frustrant de détenir la vérité sans pouvoir la faire entendre. Cassandre devient ainsi le symbole de ceux qui crient dans le désert, malgré leur lucidité.
Tu veux savoir comment cette histoire a inspiré la culture ou la littérature ?
Le deuxième temps consacré à la recherche de tableaux ou d’images célèbres permettant d’illustrer le diaporama est plus problématique. Les réponses générées présentent de nombreuses « hallucinations » de l’IA. Quelques propositions sont pertinentes, mais l’IA invente des œuvres qui semblent ne pas exister, par exemple en interprétant les centres d’intérêt du peintre comme une œuvre créée. La recherche des références données par l’IA sur les moteurs de recherche ne produit alors aucun résultat. La médiation de l’enseignant est nécessaire pour éviter les contresens.
Temps 3 : 10 minutes
On demande aux étudiants de garder une trace de leurs recherches en effectuant un copié-collé de celles-ci et en gardant les références des sites. Ils commencent, avec l’assistance de l’IA s’ils le souhaitent, à élaborer leur diaporama (en général entre 8 et 12 diapositives) à partir du contenu de leur recherche en respectant la structure en deux parties qui est imposée :
- Première partie sur le sens de l’histoire dans la mythologie
- Deuxième partie sur le sens contemporain de l’expression, avec une illustration dans un article, une publicité, une œuvre de fiction…
Les étudiants disposant tous d’un ordinateur portable, fourni par la région, on leur demande de préparer pour la semaine suivante une version, au brouillon mais complète, du diaporama, sans se soucier de la mise en page.
Deuxième heure : demi-groupe, salle informatique
Temps 1 : 10 minutes
Un diaporama, à l’état de brouillon, d’un des étudiants est proposé en démonstration. L’enseignant rappelle à nouveau les attendus et les règles à suivre pour que le diaporama soit un réel support à l’exposé oral, ces règles sont ensuite résumées et présentées aux étudiants (document 4). Elles touchent en particulier au volume de texte présenté, à l’utilisation des formules clés, à la place à accorder aux illustrations et à leur commentaire.
Temps 2 : 35 minutes
- Les étudiants peuvent utiliser l’IA pour convertir leurs recherches en expressions ou phrases clés adaptées à un diaporama. Les différents moteurs s’acquittent correctement de cette tâche et tiennent bien compte des contraintes qui sont fixées. En revanche, les étudiants ayant choisi cette solution ont souvent plus de difficultés à s’adapter à cette sélection d’informations qui ne vient pas d’eux, et à une formulation très brève qui n’est pas la leur. Les explications ajoutées à l’oral sont souvent plus pertinentes quand ils rédigent ou choisissent eux-mêmes les points clés à mettre en avant.
- Les étudiants peuvent utiliser une assistance de l’IA pour générer la mise en page du diaporama. Certains sites, très appréciés des étudiants, comme Canva, proposent des modèles visuellement accrocheurs mais avec des images de fond qui sont souvent en décalage avec le contenu réel de l’exposé : des illustrations de l’époque romaine pour parler de la mythologie grecque par exemple.
- L’IA peut aussi effectuer un retour critique sur la mise en page du diaporama, une fois celui-ci chargé selon la méthode du RAG. Les conseils proposés s’avèrent pertinents, confirment ce qui a été dit lors des dix premières minutes et appuieront ce qui sera proposé pour la présentation en troisième heure (VOIR DOCUMENT 5).
Document 5
Analyse critique de la mise en page
Points forts 👍
1. Organisation claire des parties
Le plan est simple et logique :
- Titre
- Sommaire
- Origine de l’expression
- Signification aujourd’hui
- Exemples
Cette structure facilite la compréhension et permet au public de suivre facilement la progression de l’exposé.
2. Présence d’un sommaire
La présence d’un sommaire au début est une bonne pratique dans un exposé.
Elle permet :
- d’annoncer les différentes parties
- de donner une vision globale du sujet.
3. Titres visibles
Chaque partie possède un titre clair comme :
- « Origine de l’expression »
- « Aujourd’hui »
Cela aide à identifier rapidement le thème de chaque diapositive.
4. Texte globalement lisible
Le texte est relativement court et compréhensible, ce qui est adapté à un support de présentation. Les idées principales sont présentes sans être trop complexes.
Points faibles 👎
1. Diapositives trop chargées en texte
Certaines diapositives contiennent des phrases longues et nombreuses, notamment dans la partie sur l’origine de l’expression.
Or, dans un diaporama :
- il vaut mieux utiliser des mots-clés
- et laisser l’explication à l’oral.
➡ Exemple d’amélioration :
Au lieu de :
« Pilate a choisi de ne pas s’impliquer directement dans cette affaire »
On pourrait écrire :
- Pilate refuse de décider
- Il se lave les mains devant la foule
2. Manque d’éléments visuels
La présentation semble contenir uniquement du texte.
Pour améliorer la mise en page, il serait utile d’ajouter :
- des images
- des illustrations
- éventuellement une peinture ou une représentation de Ponce Pilate.
Les images rendent l’exposé :
- plus intéressant
- plus mémorable.
3. Diapositive vide
Une diapositive est vide, ce qui peut perturber la présentation.
Cela peut donner l’impression d’un oubli ou d’un manque de préparation.
➡ Solution :
- supprimer la diapositive
- ou ajouter du contenu.
4. Mise en forme perfectible
Quelques aspects de mise en page pourraient être améliorés :
- alignement du texte
- espacement entre les lignes
- utilisation de puces (•) pour organiser les idées.
Cela rendrait la lecture plus rapide pour le public.
5. Manque de conclusion
La présentation se termine par « Exemples d’expressions », mais il manque :
- une diapositive de conclusion
- un résumé des idées principales.
Une conclusion permet de clore clairement l’exposé.
Conclusion
La mise en page de cet exposé est simple et structurée, ce qui constitue une bonne base. Cependant, elle pourrait être améliorée en :
- réduisant la quantité de texte
- ajoutant des images
- améliorant l’organisation visuelle
- supprimant les diapositives inutiles.
Avec ces ajustements, la présentation serait plus dynamique, plus claire et plus adaptée à un exposé oral.
- Les étudiants sont également libres de choisir d’être assistés par l’IA pour la relecture finale de l’exposé, aux niveaux syntaxique et orthographique. Globalement, les corrections proposées sont correctes. On note toutefois que, quand un choix est offert aux étudiants, certains n’arrivent pas à trancher entre les deux options.
Temps 3 : 10 minutes
Une fois l’exposé achevé, il est déposé dans un dossier de partage de l’établissement. L’enseignant fait un dernier retour critique avant le passage des exposés la semaine suivante.
On demande également aux étudiants de faire un rapide retour écrit sur cette manière de travailler.
- Ont-ils ressenti une différence par rapport à d’habitude ?
- Quel est leur degré de confiance par rapport aux résultats proposés par l’IA ?
- Est-il arrivé qu’ils la mettent en défaut ?
- Pensent-ils que leur travail est plus abouti que s’ils avaient effectué une recherche classique ?
Troisième heure : demi-groupe, salle classique équipée d’un vidéoprojecteur
Les étudiants passent pour présenter leur exposé, à l’oral. Les consignes sont les suivantes :
- Pas de notes
- Une gestuelle qui appuie les propos et souligne les points affichés au vidéoprojecteur. L’attention au regard sur les participants.
- La maîtrise de la diction (volume, débit…).
BILAN : Les étudiants sont, dans la spécialité MCO, habitués à des prises de parole régulières. L’activité établit aussi une passerelle avec l’animation de réunions dans un cadre plus professionnel.
Pendant qu’un étudiant présente son travail, les autres doivent prendre en notes les informations essentielles pour pouvoir les restituer ensuite.
La maîtrise de ce passage à l’oral est liée pour une grande part à la manière dont les outils d’IA ou les informations sur internet ont été exploités durant les heures précédentes. Les étudiants présentant leurs informations avec le plus d’assurance et d’efficacité à l’oral présentent plusieurs points communs :
- Ils ont mené des recherches assez poussées sur les deux parties de l’exposé, mais surtout ont été capables de hiérarchiser les informations : ils ont su garder les points essentiels et éliminer des aspects plus superflus. A l’inverse, lorsque les étudiants n’ont pas su choisir les informations essentielles, les exposés sont plus confus. Certains sujets d’exposés favorisent il est vrai ce défaut (« Un travail de Titan » avec le risque de vouloir tous les présenter, « La force d’un Hercule » avec la tendance à vouloir présenter en détails les 12 travaux).
- Tout ce qui est présenté est compris, les étudiants ont été capables de voir en l’IA un moyen d’approfondir certains points. Ils ont aussi peut-être fait preuve d’une plus grande curiosité. Ils ont été capables d’identifier les points nécessitant des approfondissements.
- Il y a une corrélation entre la qualité de la prestation, en particulier le fait de poser sa voix, de lire un minimum, d’être capable d’établir des transitions… et la maîtrise des informations présentées. Si le contenu proposé par l’IA reste à distance de l’étudiant, il éprouve systématiquement de grandes difficultés dans sa présentation.
Les étudiants qui ont obtenu les meilleurs résultats sont ceux qui ont été capables de croiser une recherche par site « classique » et une recherche assistée par IA. Cette démarche parallèle permet une meilleure compréhension d’ensemble et une meilleure restitution des connaissances. Cette conclusion souligne l’importance d’accompagner les étudiants les plus fragiles dans la conscientisation des stratégies à adopter pour mener une recherche documentaire. Le recours à l’IA leur a permis de déléguer certaines tâches, et plus globalement, de produire un travail plus complet, plus abouti et plus maîtrisé, en particulier dans la production écrite.
Cependant, cette expérimentation montre que les étudiants restent confrontés aux mêmes difficultés de compréhension face à la lecture même si l’usage de l’IA peut apparaître, à tort, comme facilitant.
Dans une perspective de personnalisation, il aurait sans doute été pertinent d’alléger la charge cognitive des étudiants les plus fragiles en les orientant vers des ressources ciblées, puis de faciliter l’accès à la compréhension des informations recueillies à l’aide d’un assistant audio tel que TTSMaker ou d’un outil de traduction destiné aux élèves allophones, tel que le propose la plateforme Inclus’IA qui n’existait pas encore au moment de l’expérimentation.
Le dispositif aurait pu être enrichi par un travail en mini-structures coopératives, notamment en binômes, dans le but d’encourager l’explicitation du contenu des récits entre pairs pour en favoriser l’appropriation. Le questionnement mutuel aurait ainsi contribué à réguler la compréhension de chacun.
Enfin, le brouillon constitue un appui essentiel à la mémorisation : il permet de structurer la pensée, de conserver une trace des étapes de la réflexion et peut être mobilisé pour travailler la reformulation des informations sous forme de messages clés avant leur mise en forme.
Article de M Pierre RUBLON
Mise à jour : mai 2026

