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20 collégiens de Montgaillard ambassadeurs du Non harcèlement en mission à l’école de la Chaumière

Ils refusent le harcèlement et le disent sous forme de saynètes. Le jeudi 3 novembre, deuxième journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire, 20 élèves de la classe de 6éme du collège de Montgaillard sont allés à la rencontre des enfants inscrits en CM2 à l’école primaire de la Chaumière dans le quartier de Saint-François. Objectif : les sensibiliser aux dangers de ce fléau qui touche 12 % des élèves du primaire et 10 % des collégiens en France.


Au cours de cette rencontre, collégiens et élèves du primaire ont pu échanger autour de différentes questions à savoir : qu’est-ce-que le harcèlement ? Comment réagir lorsqu’on est victime ou témoin ? Faut-il le dénoncer ? Si oui à qui  faut-il en parler ?


«L’année dernière nous avions déjà travaillé avec ce même groupe d’élèves sur ce thème. Ce sont eux qui ont eu l’initiative de porter ce projet. Il nous a fallu six semaines pour le réaliser. Certains ont pris sur leurs vacances pour peaufiner les saynètes qui ont été interprétées cet après-midi (ndlr : jeudi). À long terme, nous espérons en faire des ambassadeurs auprès de leurs pairs », explique Isabelle Sangarlingom, assistante sociale de service social scolaire.


Dans l’académie, 75 cas ont été traités par les services du rectorat entre 2015 et 2016. C’est 10 % de moins que sur la période précédente.

« Les chiffres baissent. Je crois qu’on peut y lire les résultats des actions de prévention qui ont été mises en place notamment par les services sociaux au sein des établissements. Rien qu’en 2015, nous avons touché 68 % des élèves de 6e dans le cadre de la sensibilisation », indique Françoise Penent, responsable du service social en faveur des élèves et référent en charge du dossier harcèlement scolaire auprès de l’académie.


« 300 référents mobilisés contre le harcèlement »


Encore difficile à déceler chez bon nombre d’enfants, le phénomène reste malheureusement trop souvent tabou. La peur des représailles en cas de dénonciation est la cause majeure de ce mutisme. « Les cas les plus fréquents que nous ayons à traiter commencent par des phénomènes de violences, d’isolement qui peuvent se transformer en situation d’humiliation. Et bien souvent, cela peut se terminer par du cyber-harcèlement »,

En France, un collégien sur cinq y est confronté à cette nouvelle forme de harcèlement, selon une enquête réalisée en 2013 par la Depp, le service statistique de l'éducation nationale.


Dans son discours adressé à la presse le 3 novembre dernier, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a de son côté, insisté sur les cyber-violences à caractère sexuel. 


« Nous le savons, sur internet, le sexisme est particulièrement marqué. Cela va du plus anodin en apparence – toutes ces remarques sur le physique qui abondent dans les commentaires – jusqu’aux phénomènes de vengeance et de diffusion d’images et de vidéos intimes. Ce sont là des faits d’une gravité immense, qui s’accompagnent en plus des difficultés qu’il y a à faire disparaître les images et les vidéos d’internet », a-t-elle déclaré.


Pour y faire face, la ministre a promis, d’ « augmenter le nombre de référents harcèlement, en passant de 250 à 300, pour avoir un maillage plus efficace du territoire et répondre le plus rapidement possible aux situations qui nous sont signalés ».


Ainsi le numéro vert, le 30 20, géré par l’association l’école des parents et des éducateurs d’Ile-de-France, va voir ses horaires élargis : de 9h à 20h en semaine, et de 9h à 18 h le samedi*.

« Le harcèlement n’a pas de frontière. Il n’a pas de limites. Et c’est en agissant ensemble que nous pouvons réellement apporter des solutions aux situations dramatiques qui viennent trop souvent briser des vies », a-t-elle poursuivi.


Pour rappel, depuis le vote de la loi du 7 octobre 2016 pour une République Numérique, les cyber-violences à caractère sexuel sont devenues un délit. La gravité des faits est désormais reconnue par la loi.

 

 

* Ces horaires sont celles de la métropole. Il faudra donc en tenir compte avant de composer ce numéro vert qui reste actif à la Réunion.