Depuis les années 80-90, on peut faire un constat commun aux pays industrialisés : une fréquence d’accidents de travail plus élevée chez les moins de 25 ans; un fort renouvellement des générations au travail entraînant une perte d’expérience professionnelle, y compris dans le domaine de la santé et de la sécurité ; une mobilité professionnelle te géographique accrue ; un allongement de la durée du travail qui n’est pensable qu’en préservant la santé et la sécurité des salariés tout au long de la vie professionnelle
Par la suite, des études menées par le Haut Comité de la Santé Publique ainsi que dans les travaux préparatoires à loi relative à la politique de santé publique promulguée le 9 août 2004 ont souligné une surmortalité ouvrière par rapport à celle des cadres (plus importante en France que dans les autres pays européens et produit une perte moyenne de près de dix années d’espérance de vie) ; une mortalité prématurée (celle qui survient avant l’âge de 65 ans) plus importante en France que chez nos voisins, à l’exception du Portugal ou de l’ancienne Allemagne de l’Est, notamment dans les régions industrialisées, le cancer étant la première cause.On a pu constater aussi que, à âge et sexe égal, les ouvriers ont un excès de risque de 13 % d’entrer en invalidité.
En 2010, on constate certes une baisse de 7,5% des accidents du travail (à replacer toutefois dans un contexte de ralentissement de l’activité salariée), mais leur nombre reste trop élevé, leur fréquence chez les jeunes de moins de 25 ans est de 2,3 fois supérieure à celle de l’ensemble des salariés, les maladies professionnelles, les troubles musculo-squelettiques ainsi que les accidents de trajets sont en constante progression.
D’où la nécessité de faire de la prévention, de la formation à la sécurité et à l’ergonomie, de la capacité d’appréhender et de maîtriser les risques d’une situation de travail une partie intégrante de la qualification et de la compétence professionnelles.
Cette orientation est d’ailleurs confortée par les objectifs du Plan Santé au Travail 2010-2014 et du Plan National Santé Environnement 2009-2013 qui rejoignent parfaitement ceux définis par les différentes conventions de partenariat es&st. L’objectif 8 du PST vise en effet l’élévation du niveau de compétence des publics les plus larges sur les risques du travail d’ici 5 ans. Par ailleurs, s’appuyant visiblement sur le rapport DAB, il fixe l’intégration obligatoire de ces compétences à la formation des ingénieurs et cadres des secteurs privés, publics et agricoles, la création de référentiels et d’outils pédagogiques, l’insertion du thème santé au travail dans la formation initiale et continue des jeunes, notamment dans les lycées professionnels et technologiques et dans les centres de formation des apprentis. Et, parmi les 63 mesures concrètes énoncées par le PNSE, figure un volet de formation et information qui s’accorde complètement avec les différentes circulaires de l’Education nationale généralisant progressivement l’éducation à l’environnement, en référence à la Charte de l’environnement de 2005, laquelle pose « le droit de chacun de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé ». L’action 61 en particulier vise l’éducation des enfants du secteur primaire et secondaire aux risques sanitaires environnementaux ; l’insertion de la thématique santé-environnement dans la formation des professionnels de l’Education nationale ; la valorisation des bonnes pratiques d’éducation à la santé-environnement-travail menées dans les établissements scolaires. Cette convergence des objectifs vient donner une assise nouvelle à la poursuite du partenariat pour l’enseignement à la santé et à la sécurité au travail.