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L'Education Prioritaire en textes

Qu'est-ce que l'Education Prioritaire ?

La politique de l'Education Prioritaire, mise en place en 1981, s'appuie sur une discrimination positive dans l'emploi des moyens publics au service de l'égalité des chances. Elle constitue une réponse aux difficultés sociales et scolaires concentrées dans certains établissements.
En 1990, la volonté de promouvoir la réussite de tous les élèves sur tout le territoire et particulièrement dans les Zones d’Education Prioritaires (ZEP) conduit à relancer cette politique. L’objectif premier est d’obtenir une amélioration significative des résultats scolaires des élèves.
En 1997, la carte des ZEP évolue avec la création des Réseaux d’Education Prioritaire (REP). Les ZEP restent au cœur du dispositif mais un nouveau souffle leur est apporté : chaque ZEP élabore dorénavant un contrat de réussite reposant sur un diagnostic identifiant les causes de réussite et d’échec. D’une durée variable selon les académies (un à quatre ans), le contrat comporte des objectifs précis et des engagements mutuels pour la réussite des élèves, s'appuyant sur un pilotage de proximité.
Cette politique est relancée en 2006 sur des bases renouvelées, le principe directeur étant, dans une démarche de plus grande efficacité pédagogique, de concentrer les moyens sur les élèves en difficulté.

En 2010-2011, le programme CLAIR (collèges et lycées pour l'ambition, l'innovation et la réussite), qui a été mis en place dans une centaine d'établissements de l'hexagone , a été étendu aux écoles, devenant le programme ECLAIR (Ecoles, collèges et lycées pour l'ambition, l'innovation et la réussite). Ce nouveau programme a pour objectifs de renforcer la réussite de chaque élève, de renforcer la stabilité des équipes et de favoriser l'égalité des chances. Il prévoit des innovations en matière de pédagogie, de vie scolaire et de ressources humaines.

A partir de la rentrée 2011, l'Education Prioritaire en académie comporte 2 volets : les réseaux ECLAIR qui relèvent du programme national et les réseaux de réussite scolaire (RRS) qui relèvent de la politique académique. Notre académie compte 20 ECLAIR structurés autour de 20 collèges et 147 écoles qui leur sont rattachées, les RRS sont maintenus avec 20 collèges.

 

Qu'est-ce que le programme ECLAIR ?

A la rentrée 2011, le programme des écoles, collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite (ÉCLAIR) intègre les 105 établissements du programme des collèges et lycées pour l'innovation, l'ambition et la réussite (CLAIR) conduit en 2010-2011 ainsi que la plupart des écoles et des collèges des réseaux « ambition réussite » (RAR).

Le programme ÉCLAIR vise à :

  • la réussite de chaque élève dans un climat scolaire propice aux apprentissages ;
  • l'égalité des chances ;
  • la stabilité, la cohésion et la mobilisation des équipes.

Il promeut les innovations et les expérimentations simultanément dans les champs de la pédagogie, de la vie scolaire, des ressources humaines, ainsi que des actions en faveur de la sécurité. Il s’appuie sur une organisation en réseaux, réunissant chacun un collège et les écoles d’où proviennent ses élèves, qui apporte cohérence et continuité dans la scolarité préélémentaire et obligatoire des élèves.

Quels étaient les principes de la relance de 2006 ?

Ce plan de relance énonce un même principe de réussite pour tous les élèves de l’Education Prioritaire et un même niveau d’exigence pour tous les élèves de l’École de la République. Tous doivent acquérir les connaissances et les compétences du socle commun par le développement, notamment, d’un environnement de réussite, qui s’inscrit dans une logique de parcours de formation de l’élève, lui permettant une orientation positive et ambitieuse.

À cette fin, une nouvelle carte de l’Education Prioritaire se dessine, gouvernée par une nouvelle logique qui s’appuie sur un renforcement du pilotage tant national que local et qui vise des publics et non pas seulement des territoires. En effet, il s’agit de donner vraiment plus à ceux qui en ont vraiment besoin.

Par ailleurs, la carte de l’Education Prioritaire n’est pas figée. Qu’il s’agisse des réseaux « ambition réussite » (RAR) ou des réseaux de réussite scolaire (RRS), c’est par un jeu d’entrées et de sorties encadrées que doit s’effectuer la prise en compte des difficultés sociales et scolaires des élèves.

Enfin, la réponse de l’École aux difficultés que rencontrent les élèves de l’Education Prioritaire doit être fondamentalement pédagogique.

L’action ciblée autour de 254 réseaux « ambition réussite » donne, dès la rentrée 2006, une réalité au principe d’égalité des chances. Rapidement, c’est l’ensemble des établissements de l’Education Prioritaire qui a vocation à adopter cette nouvelle organisation.

Quels sont les critères qui ont présidé à la classification « ambition réussite » ou « réussite scolaire » ?

La classification a pris appui sur des critères nationaux objectifs, précis et pertinents, tant sociaux que scolaires :

  •  la part d'enfants issus de familles appartenant à des catégories socioprofessionnelles défavorisées (66 %), 
  •  la part d'élèves ayant des résultats faibles aux évaluations en sixième (20 points au-dessous de la moyenne),
  •  la part d'élèves ayant un retard scolaire de deux ans en sixième,
  •  la part des parents bénéficiaires du RMI, 
  •  la part des enfants ayant des parents non francophones.

Ces critères généraux ont été complétés au niveau académique par des éléments locaux et contextuels reflétant la réalité du territoire. A partir de ces critères, la relance de 2006 a permis de distinguer deux niveaux d'Education Prioritaire. Le premier niveau correspond aux écoles et collèges des réseaux « ambition réussite » qui accueillent les publics les plus en difficulté sur les plans socio-économiques et scolaires. Le second niveau correspond aux réseaux de réussite scolaire qui regroupent des établissements scolarisant des publics socialement plus hétérogènes.

Quelle différence y a-t-il entre les deux types de réseaux, réseaux « ambition réussite » (RAR) et réseaux de réussite scolaire (RRS) ?

Le réseau structure la nouvelle organisation de l’Education Prioritaire. Piloté localement par un comité exécutif, il fédère les établissements scolaires et leurs partenaires autour d’un projet. Ce projet est formalisé par un contrat passé entre les autorités académiques et le réseau, afin de mettre en oeuvre un ensemble d'actions cohérentes pour assurer la réussite scolaire de tous les élèves.

Ainsi, chaque collège devient l’unité de référence du réseau qu’il crée avec les écoles élémentaires et maternelles d’où proviennent ses élèves. Sur ce modèle, en lieu et place des réseaux existants (REP) se structurent les 254 réseaux « ambition réussite » et les autres réseaux dits « de réussite scolaire ».

La dénomination REP disparaît. Elle est remplacée par celle de RAR ou de RRS.

La différence entre les deux types de réseau, hormis le calendrier de mise en œuvre, réside principalement dans :

  •   l’affectation de moyens supplémentaires consistants : enseignants, assistants pédagogiques, principal adjoint, infirmière à temps complet ;

  •   la mise en place d’un partenariat de haut niveau destiné à « colorer » l’action de l’ensemble du RAR (pôle d'excellence).

Qu’est-ce que le comité exécutif ?

Pour faciliter le travail en concertation dans les réseaux de l’Education Prioritaire, des « comités exécutifs » ont été créés. Leur constitution et leur fonctionnement sont identiques dans les RAR et dans les RRS. Cette structure se substitue progressivement à toutes les instances de l’Education Prioritaire en devenant l’instance de pilotage local de la politique mise en œuvre dans le réseau « ambition réussite » et dans l’ensemble des réseaux de l’Education Prioritaire.

Y participent le principal du collège, le principal adjoint, les directeurs des écoles élémentaires et maternelles ainsi que l’inspecteur de l'Education nationale (IEN) de la circonscription.

Le comité exécutif prépare, harmonise, régule les mesures destinées à faire vivre le réseau et rend compte de son activité aux conseils d’administration des EPLE, aux conseils d’école et aux autorités académiques. Il s’appuie sur les compétences d’expertise et d’évaluation des corps d’inspection. Le coordonnateur devient secrétaire de ce comité exécutif, notamment chargé de préparer ses décisions et de les mettre en œuvre.

Qu’est-ce que le « contrat ambition réussite » (CAR) ? Le « contrat d’objectifs scolaires » (COS) ?

La dynamique de projet demeure au cœur de l’Education Prioritaire et trouve sa cohérence dans les contrats passés avec les autorités académiques. Elle est formalisée dans les réseaux « ambition réussite » par un « contrat ambition réussite » et dans les « réseaux de réussite scolaire » par un « contrat d’objectifs scolaires ». Ces contrats se substituent aux contrats de réussite scolaire, à partir de la rentrée 2006 pour les réseaux « ambition réussite » et au plus tard à la rentrée 2007 pour l’ensemble de l’éducation prioritaire.

Les « contrats ambition réussite » sont conclus pour quatre à cinq ans avec les autorités académiques. Ils prennent notamment en compte les missions des personnels supplémentaires ainsi que le partenariat de haut niveau.

Des expérimentations pourront être proposées, dans le cadre des COS comme des CAR, ainsi que le prévoit l’article 34 de la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école (Loi n° 2005-380 du 23 avril 2005). Celles-ci pourront concerner notamment l’organisation de la journée et de la semaine scolaires, ainsi que le développement de passerelles entre les premier et second degrés, qui feront l’objet d’un soin particulier.

Le « contrat ambition réussite » et le « contrat d’objectifs scolaires » s’articulent avec le projet d’établissement et les projets d’écoles. Ils prennent également en compte les autres projets interministériels, en particulier ceux pilotés par les ministères de la Culture et de la Cohésion sociale.

À l’instar du projet d’établissement et des projets d’écoles, les CAR et les COS font l’objet d’une communication à l’ensemble de la communauté éducative, au premier rang de laquelle figurent les parents.